un métier: cheminot

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Re: un métier: cheminot

Messagepar Morvan
20 Avr 2018, 12:52

Et le soir dans "Envoyé spécial" sur la 2, le reportage au complet, un bon quart d'heure avec aussi Georges Ribeil, cité en tant que "historien local."
Vraiment intéressant ce reportage, mais quel crève-coeur pour moi qui ai passé 40 ans de ma vie depuis 1953 à aller et venir via Laroche.
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Re: un métier: cheminot

Messagepar Cisalpin
20 Avr 2018, 13:05

Pour ceux comme moi qui n'ont pas vu ce reportage

https://www.france.tv/france-2/envoye-s ... -2018.html
Amicalement

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Re: un métier: cheminot

Messagepar X3876
20 Avr 2018, 19:13

Je n'avais pas eu l'occasion de regarder ce reportage à Laroche. Je viens de le visionner et pour une fois qu'un média présente le côté cheminot sans tomber dans les clichés à 2 balles habituels :applause:
Par contre, étant un "enfant cheminot" de Laroche, ayant grandi dans ces fameuses cités cheminotes, je ne peux qu'être ému par ce qui a été montré et dit.
Bref, comme l'a effleuré Bernard plus haut, le gros malaise tient aussi dans le fait qu'on ne sait pas ce qu'on va devenir, ni de quelle façon on va être traité, par contre on a compris que c'était la fin à marche forcée et sans discussions possibles de notre SNCF....
X3876, cheminot :cry: ....
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Re: un métier: cheminot

Messagepar Bernard Bayle
25 Avr 2018, 22:03

Bonsoir,

Notre ami sncb_nmbs, alias "super belgico", a récemment évoqué mon petit séjour à Charleroi avec des cheminots belges. Il leur a parlé de ce chef de gare si sympathique que j'y avais rencontré durant un week-end où la SNCF avait exposé le TGV 325 conjointement aux célébrations des 150 ans de la liaison ferroviaire Namur/Charleroi ; là où il y avait aussi une loco à vapeur et de la bière.

Dès qu'il leur a décrit un homme sincère et authentique, immédiatement ils ont pensé à Robert Demaret, chef de gare de 2ème classe. Il faisait l'unanimité auprès de ses collègues grâce à ses qualités humaines. Une fois pensionné, Robert et son épouse sont partis couler des jours heureux dans un village de l'Hérault. Malheureusement, Robert est décédé en 2015… Je ne peux m'empêcher de publier à nouveau cette image éternelle de Robert en uniforme de la SNCB, à gauche sur la photo.



Puis en réponse à super belgico pour le remercier de m'avoir donné des nouvelles de Robert, je lui ai parlé d'un autre belge avec lequel j'avais eu aussi un immense plaisir à connaitre. Il s'agit de Jean Tasiaux. Il était le responsable des dépanneurs en gare de Bruxelles-Midi. Je l'avais rencontré à plusieurs reprises et notamment pour l'organisation du congrès Eurailspeed 92 à Schaerbeek. L'épouse de Jean se nommait Micheline, ça ne s'invente pas… J'ai replongé dans la boite à photos et y ai trouvé celles-ci.

Jean est au centre de la photo, cravaté et en blouse de travail. Sur la table, on voit du soda, du jus d'orange et de l'eau minérale ; inutile de s'intéresser aux deux autres bouteilles en arrière plan.

Un moment de rigolade partagé avec Jean, à gauche sur la photo. Celui qui a le pull rouge est un de ses collaborateurs qui après quelques bonnes blagues s'était fendu d'un "j'aime rire et faire rire" ! Nous buvons de la sangria préparée par Micheline dont elle métrisait la recette, car les Tasiaux passaient leurs vacances en Espagne.

Au centre de la photo, accroché au poteau du lampadaire, c'est encore Jean. Celui en veston et chemise à carreaux est un des organisateurs SNCB du congrès. A coté de lui, un dépanneur de la SNCB.

Malheureusement, lui aussi serait décédé. J'espère que ce n'est pas moi qui leur ai porté la poisse…
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Bernard Bayle
 
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Re: un métier: cheminot

Messagepar Bernard Bayle
13 Juil 2018, 20:05

Vers la fin du premier trimestre de 1992, j'avais ébauché la mise en place du logo Desgrippes (dit logo casquette) sur le matériel roulant en le positionnant sur divers diagrammes. Afin de valider les grandes lignes du projet, j'avais donné rendez-vous aux personnes de l'Agence de design sur le terrain pour présenter des logos de différentes tailles sur le matériel aux endroits prévus: on les fait tenir avec 4 ou 5 bouts de Scotch, on ajuste la position et on prend la photo quand ça convient à tout le monde. En général, je choisissais le site de Villeneuve-Saint-Georges, d'une part parce que c'est sur la ligne de banlieue au départ de Paris-Lyon et d'autre part parce qu'à Villeneuve-Prairie il y a des voitures, des rames de banlieue, des locomotives électriques et Diesel et à 10 minutes à pinces, il y a des TGV.

À force de se déplacer sur les chantiers et sites divers, on finit par croiser beaucoup de monde ! Alors, une nana de l'Agence, surement la plus bavarde, vint me dire:
- la nana: "Mais vous connaissez tout le monde" !
- 2B: " non, je n'en connais pas un seul".
- la nana: "pourtant, vous dites bonjour à tous les gens qu'on croise" !
- 2B : " voyez-vous, ce n'est qu'une attitude cheminote, entre collègues on se salue toujours, c'est dans notre éducation".

Au cours du déjeuner qui avait suivi la séance de travail, la même me dit qu'elle ne comprenait pas ce que signifiait "un train peut en cacher un autre". J'ai bien essayé de lui expliquer avec un croquis sur un coin de table, je ne suis pas certain qu'elle ait bien tout compris....(en lui souhaitant qu'elle n'ait pas eu de déconvenue sur un PN à double voie).

Hier, j'ai déjeuné avec un pote qui prenait son service à 14h00 en gare de Paris-Lyon pour assurer la conduite d'un TGV pour Marseille à 14h37. N'étant pas particulièrement pressé, je l'ai accompagné dans tous les dédales des couloirs et des escaliers desservant les divers services de la gare. Dans certains couloirs, j'ai noté au plafond et le long des murs les centaines de câbles de sections et de couleurs variées, cumulant surement des centaines de kilomètres. Bien que les accès soient sécurisés, je me suis dit que si quelqu'un de mal intentionné voulait sévir, il n'aurait pas à aller loin pour déclencher une sacrée m..de !

En l'attendant dans ses démarches, j'en ai croisé des cheminots et des bien plus jeunes que moi. Tous, sans exception, m'ont adressé un "bonjour" auquel j'ai bien évidemment répondu. Alors, de retour au domicile dans mon RER D, je me suis dit : " au moins leurs réformes ne sont pas venues à bout de la bienséance ancrée dans notre caste".
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Re: un métier: cheminot

Messagepar bnicolas1987
15 Juil 2018, 19:59

Oui, merci pour ce témoignage!!! Pareil chez nous, mais avec certains c'est, des fois, plus dur... (De l'autre côté de la Sarine, là ou un dialecte issu de la langue de Goethe est parlé, des fois on a de la peine à saluer et inversement)

A+

Nicolas
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